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ARTS VISUELS ET TRANSFORMATIONS EN AFRIQUE

Appel à communication: Conférence internationale 12-13 juin 2026 (en ligne)

Les sociétés africaines sont marquées par d’importantes transformations, observables dans tous les aspects de la vie. Les logiques sociales et politiques, le rapport à l’histoire et à la mémoire, le positionnement vis-à-vis des influences du monde global, l’économie, les technologies et la géopolitique constituent autant d’indicateurs qui déterminent les caractéristiques de nouvelles cultures en Afrique. L’appréciation de ces transformations n’est ni linéaire ni homogène, leur analyse est complexe, multiforme et ouverte à diverses interprétations scientifiques, idéologiques et conceptuelles dans la mesure où elles sont empreintes de nombreux paradoxes et présentent une grande diversité. Celle-ci se reflète dans les quelques 2 400 langues parlées sur le continent, des formes d’interactions entre les mondes africains et les mondes extérieurs, des stratégies de connexion au passé, une résilience face aux multiples péripéties de l’histoire et aux trajectoires nationales diverses. Ces transformations ont un sens organique et structurel. Elles rencontrent une pensée critique africaine des relations entre le continent et le reste du monde. Elles secouent les musées, traversent le discours des expositions et se reflètent dans les conférences et les publications scientifiques. Elles sont à l’origine d’une vaste production intellectuelle sur les rapports au vivant 1 et à la démocratie, au patrimoine et à la mémoire, au wokisme et l’afro-futurisme, à la traduction culturelle ou à la décolonisation des idées. Elles s’appuient parfois sur un activisme social nourri d’une pensée qui elle-même, est ancrée dans une critique de l’universel conçu comme « un processus actif et coopératif de création »1 . Les courant d’idées inéhrents à cette production intellectuelle traversent les arts visuels dans leur grande diversité. C’est dans ce contexte global que les artistes questionnement ce monde mouvant à travers des techniques, des supports et des approches aussi bien endogènes qu’exogènes. Les artistes produisent des connaissances qui rendent compte des transformations en cours tout en étant vecteurs de celles-ci. Leurs pratiques sont à l’intersection de plusieurs faisceaux d’idées, de modèles et d’images. C’est précisément dans la mise en œuvre des mécanismes de transformation qu’il convient d’analyser la production artistique en Afrique et dans sa diaspora. Il serait utile, par la même occasion, de scruter l’ancrage de cette créativité dans la recherche et son attachement à d’autres formes d’engagement. C’est le moment de porter un regard rétrospectif sur l’histoire de l’art en Afrique, tout en nous concentrant sur les dynamiques culturelles contemporaines et sur les méthodologies d’analyse qu’elles appellent. Comment les arts visuels incarnent-ils, problématisent-ils et expriment-ils les mutations des sociétés africaines ? A l’aune de ces questionnements, il est utile sinon vital, d’interroger l’approche critique des formes d’expression des arts visuels et des techniques qui les sous tendent. Celles-ci offrent un premier niveau d’expérience sensible du rapport de l’art produit en Afrique. Ce lien revêt une importance particulière, car il met en perspective les pratiques, les savoir-faire, l’industrie et la création de mythes dans le contexte contemporain. Il engage le système intelligible auquel se rapporte la pratique artistique. Il permet ainsi de replacer l’art dans un rapport au concret qui prend sens dans la vie sociale. C’est dans le cours de la vie quotidienne que l’on est le plus à même d’appréhender les mutations de la société, et c’est précisément cette vie quotidienne qui nourrit l’essence esthétique des arts visuels. L’importance du rôle que joue 1Souleymane Bachir Diagne, Ubuntu. Entretien avec Françoise Blum. Paris, Édition de l’école des hautes études en sciences sociales, 2024, p. 95. 2 l’art dans la société d’une Afrique contemporaine est d’un grand intérêt pour la connaissance de la culture, de la pensée et de la personnalité africaine, pour paraphraser Ben Enwonwu2 . L’appel à communications invite les chercheurs, artistes, commissaires, collectionneurs, et autres professionnels des arts et du patrimoine à proposer des contributions portant sur les arts visuels (classiques et contemporains) en Afrique, envisagés comme des expressions d’un imaginaire social et comme des lieux d’élaboration d’une esthétique sociale. Les contributions attendues devront mettre en évidence la manière dont les arts visuels rendent compte des mutations et des tensions qui caractérisent les sociétés africaines contemporaines à tous les niveaux. Les propositions pourront notamment interroger: o Les processus techniques, les savoir-faire et les dispositifs de production artistique dans le contexte contemporain ; o Les formes d’engagement, de critique ou de médiation sociale dans les arts visuels ; o Les relations entre arts visuels, transformations sociales et vie quotidienne ; o Les enjeux de l’identité, de l’authenticité et des hybridations esthétiques ; o Les mutations systémiques dans les institutions artistiques et patrimoniales ; o Les stratégies de rapport au passé, à l’histoire et à la mémoire dans les arts visuels ; o La création artistique qui interpelle le futur et réinvente les archives. Les personnes intéressées sont priées de soumettre un résumé de 400 à 500 mots à openproject@labadouala.com and direction@labadouala.com avant le 28 février 2026. Les auteurs dont le résumé sera accepté seront informés d'ici la fin mars. Les communications à soumettre pour la conférence doivent être envoyées avant le 8 juin 2026. 2B. Enwonwu (2021). Le point de vue de l’Afrique sur l’art et les problèmes qui se posent aujourd’hui aux artistes africains. Dans P. Falguières (dir), Art contemporain africain histoire(s) d’une notion par celles et ceux qui l’ont faite (pp. 183 - 192). JRP/Editions. 3 Le comité scientifique de la conférence est composé de : o Prof. Dr Romuald Tchibozo, Directeur de l’Institut National des Métiers d’Art, d’Archéologie et de la Culture (INMAAC), Université d’Abomey-Calavi, Bénin ; o Prof. El Hadji Malick Ndiaye, Directeur du Musée Théodore Monod d’Art Africain l’IFAN, Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal ; o Dr. Edwige Zagre/Kabore, Directrice Adjointe de l'École Doctorale LACOSHS, Université Norbert ZONGO, Burkina Faso ; o Prof. Paul-Henri Souvenir Assako Assako, Maȋtre de Conférences, chef de la section arts plastiques et histoire de l’art, Université de Yaoundé 1 & Directeur de la Libre Académie des Beaux-Arts, Douala, Cameroun ; o Prof. Runette Kruger, chercheuse associée à l'Université de Pretoria, Afrique du Sud.

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